Ère magazine, édition août 2021

11 ACHETER MOINS… Il y a désormais certains produits qui semblent pro- voquer une fièvre acheteuse. Exemple avec les vête- ments : un Suisse s’offre en moyenne 19 kilos d’habits et de chaussures par année, soit deux fois plus qu’il y a dix ans selon les statistiques fédérales. Désormais un T-shirt ne coûte que quelques francs, mais ne se porte que quelques mois. Ainsi, nos vêtements sont au- jourd’hui utilisés 36% moins longtemps qu’il y a quinze ans. Mais le coût écologique de la fast fashion inquiète. Très polluante, la production de coton consomme dé- sormais davantage d’eau que celle de riz et de soja. Comptez 2500 litres pour un T-shirt, 8000 litres pour un jean. Cette soif des consommateurs, encouragée par les marques, est directement responsable de l’as- sèchement de certains lacs et cours d’eau dans les régions productrices. A ce rythme, l’industrie textile pourrait peser plus du quart du budget carbone de la planète d’ici à 2050, affirment les experts. Si le coton pollue, le synthétique n’est guère plus éco- logique. Chaque année, des dizaines de millions de tonnes de pétrole sont transformées en fibres pour nos vêtements. De récentes études ont démontré que ces tissus libéraient à chaque lavage des microfibres très polluantes dans l’environnement. … MAIS ACHETER MIEUX ! Le constat est alarmant, d’autant plus que seule une minorité de ces vêtements est recyclée. Mais certaines initiatives émergent pour rendre l’habillement plus écologique. Une marque française propose ainsi des jeans produits localement et consignés pour favoriser leur récupération. Ces marques écoresponsables ne constituent pour l’heure qu’un marché de niche, mais tout comme dans l’alimentation, de plus en plus de consommateurs réclament davantage de traçabilité et de proximité pour leurs vêtements et objets usuels. Une tendance qui traduit un réel besoin de transpa- rence des consommateurs. Ils sont de plus en plus curieux de la provenance des produits, de leur compo- sition, mais aussi de leur processus de fabrication. Pour répondre à cette demande, outre l’étiquette habituelle, il y a d’abord eu les labels. Ceux-ci étant devenus trop nombreux et nécessitant souvent une recherche sup- plémentaire, les consommateurs se sont tournés vers les applications. Simples à utiliser, elles permettent de se faire un avis rapidement. Et le nombre important de téléchargements est le reflet encourageant d’une réelle volonté de consommer durablement. ÉVALUER ET RÉDUIRE LE BILAN CARBONE DE SES ACHATS EN LIGNE Certaines plateformes de commerce en ligne comme Digitec Galaxus affichent désormais le coût écologique des produits proposés. On y apprend par exemple que l’achat du dernier iPhone émet 113 kilos de CO 2 , soit autant qu’un parcours de 600 kilomètres en voiture ou de 15000 kilomètres en train. Quoi qu’il en soit, avant de passer commande, il convient de privilégier les plateformes de e-commerce locales afin de limiter la distance de livraison, de grouper ses achats pour ne pas multiplier les colis et surtout de réfléchir avant d’acheter pour éviter la surconsommation et les retours. Calculer son empreinte carbone pour agir pour le climat Le seconde main est intéressant sur le plan économique, mais aussi sur le plan écologique. Il permet de réduire considérablement l’em- preinte carbone de nos achats.

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